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Le caractère envahissant d’une excitation émotionnelle (voracité) montre l’attachement à l'ombre.
L’ombre forme la personnalité dans l’enfance, la décharge émotionnelle d’une projection défensive sur autrui manifeste alors un conflit psycho-affectif ancien.
Il s’agit de prendre soin de cette part déchue de son enfant intérieur pour se reconnaître et accepter de (re)devenir soi-même.
« Lorsque je projette sur autrui tout ce que, de moi-même, je ne peux accepter, je résiste à l’expérience humaine ».
Dialoguer avec son ombre permet d’accepter la vulnérabilité de l’ignorant et l’inquiétude de l’enfant blessé en soi.
L’introjection de ses propres projections permet alors d’éviter certaines attitudes hostiles (colère) provenant essentiellement de soi : « je te hais mais c’est moi-même que je hais inconsciemment » afin de prendre conscience que « lorsque je t’aime, c’est moi-même que je cherche à aimer ».
Autrui ne devrait donc jamais constituer l'espace de décharge émotionnelle dans les moments d'incertitude existentielle ni être l'objet compensatoire chargé de combler une part manquante.
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La conscience protège la personnalité par les instruments concrets de défense et de résistance à son ombre.
La personnalité s’engage alors par un désir souverain (désir de l’ego) de soumettre l’ombre à l’illusion de ses représentations (éducatives, sociales, idéologiques) : « ma conscience serait-elle possessive, garderait-elle secrète l’ombre qui a nourri ses premiers instants, pensant ainsi se mettre à l’abri de son influence ? ».
Pour conserver son statut de tyran indépendant et prétentieux, la personnalité rejette l’instinct sincère du tempérament et pérennise sa désunion avec le corps émotionnel.
Les fonctions de chaque instance (souvenirs, discernement, intuition, perceptions) sont ainsi perverties dans l’ego et le conflit d’intention (intérêts, influences, croyances) renforcé.
Cerner la partie refoulée permet à la conscience de réintégrer le sentiment impliqué en apportant une lumière de connaissance sur le vécu et les ressentis : « ma dépendance affective actuelle est-il lié à un besoin de reconnaissance frustré par mes parents ? ».
Pour dépasser l’influence de l’ombre, il est alors nécessaire de porter une attention particulière sur les significations profondément cachées, situées dans l’intervalle qui joint l’ombre à la conscience (lieu du conflit).
Accepter l’ombre permet de la réintégrer à l’immense domaine affectif pour enrichir les perceptions de l’être existentiel.




















