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Le discernement est une faculté de la conscience par laquelle les objets deviennent connus et symbolisés (reliés entre eux).
Ainsi, le discernement repose sur l’instinct et la perspicacité pour apprécier et distinguer (identifier) les signes de la réalité (les faits) et les percevoir tels qu’ils sont objectivement.
La conscience est ainsi le seul outil permettant de quitter le masque pour situer l’existence en dehors de l’ego.
La perception d’un état de conscience situé au-delà du masque et de l’ego demande alors d’entamer la démarche sensible du discernement pour accéder à l’individuation, c’est-à dire à la connaissance, à la compréhension et l’unification de soi.
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La production de pensées répétitives et de comportements ritualisés ou automatiques sont des signes qui demandent une prise de conscience sincère et engagent l’affirmation et le positionnement d’une volonté désirant exister dans le champ des possibles plutôt que dans la continuité de l’image figée d’une représentation du monde et de soi-même : « comme je suis finalement inconnu à moi-même, je cherche à entendre (comprendre) certaines choses de mon existence ».
L’être, étant en même temps un corps et une pensée, il s’agit tout d’abord de comprendre l’influence du corps sur la conscience, ainsi que celle de la conscience sur le corps.
La conscience unit alors la pensée au corps par l’expérience du corps physique associée à celle du corps émotionnel.
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L’individuation considère l’état d’intégration du corps et des parties conscientes et inconscientes de soi, orientées et en concordance (congruence).
L’immanence (lien profond de l’être avec lui-même) étant un but de l’existence, l’unification de l’être appelle à la recombinaison de chaque partie de soi dans le corps.
Ayant existé à l’origine, cet état d’âme et d’union s’est vu éclaté par les conditionnements de l’éducation et les idées de référence (préjugés, croyances, culture, société) proposées à la symbolisation du sens existentiel de l’enfant.
L’objectivité des perceptions sensorielles conjuguée à l’attention portée aux émotions par la compréhension des sentiments rémanents (attachés), immanents (constitutifs de la personnalité) et émergents (projetés) oriente le discernement des pensées vers un paysage en sept dimensions dont la perspective trouve le centre de l’unité (soi) :
l’espace du corps (mémoire, émotions, besoins, expériences sensorielles)
le monde de l’autre (empathie, interactions relationnelles de subjectivité et d’altérité)
le temps (influences du passé et intuition de l’instant présent)
la pensée symbolisée des expériences (vécu, représentations, illusions, injonctions, interdits)
la congruence (authenticité des perceptions de soi au travers des projections)
les projections (actions, questionnements, réalisations, affirmations, explorations, expériences)
la personnalité (désirs, besoins, identifications, rôles, statut, carences)
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Le moi, la personnalité, l’ego et leur masque imaginent être les centres de l’activité psychique alors qu’ils n’en sont que des composantes.
L’identification au « je » symbolise l’affirmation de soi, encore faut-il reconnaître le « je » qui s‘exprime et se manifeste : masque, égo, croyance, mémoire, conscience, identification, présent, ombre, besoin, passé, futur, désir, soi ?
D’après la nature du « je » qui se projette, la conscience peut se percevoir dans son « je » ou refuser de s’y reconnaître, contestant ainsi sa propre conscience de soi et nier la propriété de sa représentation.
Le « je », en tant que compréhension de soi, demande absolument sa projection : « j’existe » et « je suis » qui invite un effet de retour par sa introjection au sein de la conscience et l’intuition d’une évidente congruence avec ce qui y a été préalablement projeté comme identifications et représentations.
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L’attention portée à la conscience du « je » à travers la sensorialité, les perceptions, la fonction émotionnelle et symbolique, le discernement, l’interprétation, le raisonnement, l’intuition et la logique est ainsi une activité de centrage (concentration) qui affirme une capacité de connaissance de soi-même à travers toutes les composantes de soi (corps, émotions, masque, personnalité, ombre préconsciente, mémoire, conscience, instinct) réunies à l’intérieur de : « je suis ».
Être « je » par l’activité de penser « je » apparaît primordial pour une compréhension de soi dans une recherche existentielle.
L’exploration du masque et son décorticage par la fonction émotionnelle conduisent ainsi l’approfondissement de la connaissance et une réelle conscience de soi.
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Le choix est l’abandon volontaire d’autres choix possibles, faire un choix est donc un renoncement.
Le choix du « je » demande alors de renoncer aux pensées et aux représentations envahissantes, ainsi qu’aux illusions (croyances) de rôle ou de statut afin de s’aventurer et de s’autoriser à devenir soi-même.




















