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Le masque s’affirme par l’utilité de son rôle, il peut être assimilé à un appareil de brouillage affectif produisant des paroles et des attitudes trompeuses.
Le statut de victime est exemplaire de l’ego lorsqu’il constitue le masque d’une souffrance dont la fonction (rôle) est de résoudre le conflit affectif par sa reconnaissance (compassion, attention, affection, pitié, avantages matériels) dans les situations qu’il provoque par la manipulation de l’autre : « je profite de la situation pour me faire plaindre, lorsque j’en aurai eu suffisamment je pourrai me plaindre que tu ne m’aies ni plaint ni protégé convenablement ».
L’ego et le masque renvoient irrémédiablement l’individu à la triade victime (martyre, faute, attente) ◄► bourreau (châtiment, condamnation, persécution) ◄► sauveur (sacrifice, rédemption, estime de soi) et à la dyade de la posture sadique ◄► masochiste du jugement (domination) et de la culpabilité (soumission).
Le masque agit ainsi sur la fonction symbolique de la pensée (sentiment) pour duper les émotions (soi-autrui) et créer des relations rétrécies (dépendance, séduction, manipulation, asservissement) n’étant alors plus la relation d’intersubjectivité bienveillante d’équilibre et de congruence, reconnaissant l’altérité et les liens sincères au monde, mais l’artifice d’une représentation interférente et l’illusion d’une image de soi respectable.
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Le démasquage montre la facticité (simulation) des comportements.
L’histoire personnelle du démasqué contextualise alors les raisons affectives impliquées : « j’ai peur de ne pas être suffisamment intéressante, alors je fais tout pour être aimée en cachant ma vraie personnalité » pour mettre en évidence la justification : « je crois ne pas connaître mes vrais sentiments » et l’orientation des besoins : « je demande sans cesse pour recueillir de la reconnaissance ».
Le questionnement des désirs profonds écartés par la conscience : « au fond, j’aimerais garder pour moi tout ce que je donne » et l’accueil des ressentis émotionnels authentiques : « j’ai peur d’être insignifiante » contournent la présence du masque pour accéder à la représentation de soi et aux sentiments figés par l’angoisse de leur projection : « je ne dois pas penser à moi, ma mère me considérait comme une petite égoïste qui ne pensait jamais aux autres, je n’ai jamais eu le sentiment d’être aimée ».
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L’individu peut parfaitement être déconcerté quant à l’orientation de sa voie existentielle s’il n’est plus soumis à des injonctions sociales et si son cadre structurant de repères de références disparaît, il en est de même s’il n’est plus protégé par son masque ni gouverné par son égo : « tout le monde verra qui je suis en réalité ! ».
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Il est donc fondamental de considérer la tentative de dépossession du masque comme une phase délicate du chemin d’individuation.
Le masque ne doit pas être déposé absolument, exister avec son masque relève d’un objectif existentiel : « me déposséder de mon masque dépend de l’orientation que je veux donner à ma vie ».
Accueillir le masque et le prendre en considération permet de l’accepter.
Le conserver pendant une certaine durée conserve un certain équilibre psychique jusqu’à l’avènement de sa totale inutilité.
La liberté, née de la suppression du masque, doit alors s’accompagner d’une ouverture à soi pour restructurer la conscience à un niveau supérieur de connaissance de soi : « si je me connais suffisamment et que je m’accepte telle que je suis, je dépasse l’émotion de peur et le sentiment de honte, lorsque je quitte l’espace de mon égo, je m’accorde à moi (congruence) et j’invite alors l’autre à s’accorder à lui-même ».




















